Marita GILLI (Edition et
traduction)
Un révolutionnaire allemand : Georg Forster (1754-1794)
Format, CTHS, 2005
Notice de Claudine Cavalier

Après les écrits de la féministe anglaise Marie Wollstonecraft, l’excellente collection Format du CTHS prend l’heureuse initiative de mettre à la disposition du public français les principaux textes sur la Révolution française de Georg Forster.
Forster est une des figures les plus admirables et les plus méconnues de la Révolution, à laquelle il prit part avec vigueur tout en composant à son sujet des réflexions pénétrantes. Né en Allemagne d’une famille écossaise, il avait dans sa jeunesse pris part au voyage de Cook et écrit l’un des premiers traités d’anthropologie moderne, le Voyage autour du monde. Bibliothécaire à Mayence lors de l’éclatement de la Révolution, passionné par les événements français, l’entrée de Custine dans la ville lui permit de jouer un rôle politique en tant que vice-président de l’Administration générale et président du club local des Jacobins, puis comme un des fondateurs de la Convention rhéno-germanique : il tint de la sorte une place importante dans ce qu’on a pu à bon droit appeler la première tentative de démocratie sur le sol allemand. A l’origine plutôt libéral et réservé sur la démocratie, Forster fut lié un temps aux Girondins, mais il évolua rapidement sous la pression des événements et de sa propre expérience qui le poussa à se séparer d’eux : en partie sous l’influence des écrits des socialistes utopiques Godwin et Frölich, mais aussi à la suite de ses propres observations sur les effets dévastateurs du libéralisme en période de crise, il en vint à louer le rôle des mouvements populaires dans la dynamique révolutionnaire et le dirigisme économique qui en résultait. A sa mort prématurée, en janvier 1794, il avait rejoint les admirateurs de la Montagne et de Robespierre et commençait même à les dépasser en entrevoyant la nécessité de nationaliser l’économie. Ses derniers textes contiennent une analyse économique et sociale des forces révolutionnaires de premier ordre.
Le recueil, précédé d’une substantielle et remarquable introduction, présente l’essentiel des écrits proprement révolutionnaires de Forster en langue allemande (ceux écrits directement en français, consultables au tome 10 de ses Oeuvres Complètes publiées par l’Akademie Verlag de Berlin, n’ont pas été repris). On trouvera donc ses principaux discours, son oeuvre d’historien de la Révolution avec sa précieuse Description de la Révolution à Mayence et les fameux Tableaux parisiens, enfin sa correspondance d’octobre 1792 à sa mort, où l’évolution de sa pensée se dessine de façon passionnante.
Un livre indispensable.
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Claudine Cavalier 1996-2007 |